Mon menton repose sur mes mains. Je regarde par la fenêtre, je suis un peu stressé, et impatient. La pluie semble interminable. Je me demande pourquoi les anges pleurent ? Une main se pose sur mon épaule comme pour me réconforter. Je me tourne pour voir, mais il n'y a personne. Dehors, je vois des phares percer les gouttes de pluie tombant du ciel. L'excitation me submerge. Papa arrive ! Il est enfin venu pour moi. Nous pouvons enfin nous parler, tout comprendre, tout expliquer. Je soupire car il s'avère que c'est juste une autre voiture. J'entends des gens se disputer à travers le mur de ma chambre. Tout le monde parle et écoute tout le monde. C'est leur jeu préféré. Moi, je refuse de quitter mon poste à la fenêtre. Je veux être là quand il arrive ! Il commençait à faire nuit et toujours aucun signe de la camionnette de mon père que je connaissais si bien. La main invisible était toujours sur mon épaule. Même si je voulais m'enfuir, je ne pouvais pas bouger. Quand mon père va venir , est-ce qu'il va venir vraiment ? J'avais envie de dire, de poser cette question. La main semblait vouloir répondre en tapotant tendrement sur mon épaule. C'est comme si elle voulait dire - t’inquiète, il faut avoir de la patience. Que faire si quelque chose lui arrivait ? S'il ne venait, plus, si tout cela était irréel ? Non, cela ne peut arriver. Il ne me laisserait jamais. Il est trop seigneur, mon père. Bien qu'il soit très sévère avec moi, mon père est toujours le héros. Je n'ai pas d'autre ange gardien que lui. Je ferme mes paupières, puis soudainement deux feux se déversent dans l'obscurité et ils remplissent mon espérance. Mon cœur explose de joie. Je la vois, la camionnette de mon père, elle est bleue avec un toit blanc ... Je suis tellement tellement excité. J'en transpire de grosses gouttes. Quand il a ouvert enfin la porte, mes yeux étaient grands, mon cœur rempli de bonheur. Seulement lui et moi existons, le reste du monde n'a pas d'importance. Je l'entends dire - salut ! Je crois que je souris comme un idiot. - Salut, papa ! Mais mon père avait l'air confus. Il ne semble pas stable. Tout était étrange autour de lui. Ces lueurs de lumière blanche. Depuis toutes ces années, il n'avait pas vieilli.... Moi oui... La peur, l'angoisse m'envahissaient soudainement. Qu'est ce que qu'il m'arrive ? Je suis où ?

Quand j'ai ouvert les yeux, j'ai regardé autour de moi. J'ai vu ma femme qui avait posé sa main sur mon épaule. Elle dormait. Paisiblement rassurante. J'avais rêvé, c'est certain.

Tu me manques papa.