Ce matin, j’ai serré la main bien grasse
De mon voisin éloigné
Il me la tendue avec lourdeur
En avançant toute sa masse
L’œil lorgnant vers Marie-Fleur
Coquin, il secoua avec conviction
Mon pauvre avant-bras
Pompant frénétiquement
Pour que jaillisse la bonne solution
Que de toute façon je n’ai pas
Sauf de brasser du vent
Je le sais depuis belle lurette
Marie-Fleur n’est pas à négocier
Même, elle ne m’écoute pas
Avec qui elle pourrait faire la fête
Au bistro de l’herbier
Et de danser dans ses bras
Le mec de Marie-Fleur conte ses aventures
Parce que le mec il y a
Avec des bras presque musclés
Le corps bâti en petite stature
Lissé et pas un gramme de gras
Et un cœur sans foyer
C’est bien l’herbier en cause
C’est le mec de la Marie-Fleurette.
Il calcule en descendant
Les chiffres en les citant en prose.
Avec le montant en fête
Le sourire entre les dents
C’est que Marie-Fleurette aime les frivolités
Le faire valoir de sa personne
Pour embellir ce qui fait
L’éclat de sa sublime beauté
Comme une voyelle avec sa consonne
Sucrée et froide comme un sorbet.