Il était une fois un seigneur qui a vécu en Italie. Don Labali était un grand seigneur, célèbre pour son amour de la chasse et ses délicieux banquets. Un jour, Don Labali prit avec son faucon une belle grue, il demandait à son cuisinier Jacques Cuissapoule de rôtir l'animal.
L'oiseau était presque cuit quand une belle jeune fille rendit visite à Jacques.
Jacques Cuissapoule était un fort bel homme et très populaire auprès les femmes. D'ailleurs il le leur rendait bien. Quand elle sentit la délicieuse odeur du fumet de la viande rôtie, elle profita de la faiblesse de jacques et prit une des pattes de l'oiseau.
La cuisson terminée, l'oiseau a été dressé sur un plat en argent et servi à don Labali.
Étonné, le seigneur appela son cuisinier :
- Cet oiseau n'a qu' une patte !
Sur ce, le pauvre Jacques répondit :
- Mais monseigneur, les grues n'ont qu'une patte !
- Quoi, une patte ? Tu me prends pour un imbécile ou quoi ? Je sais très bien qu'une grue a deux pattes comme tous les oiseaux !
Mais Jacques insistait sur le fait que les grues ont une seule patte et il ajouta :
- Si j'avais un oiseau vivant ici, je voudrais vous le montrer!
Le seigneur qui n'avait aucune envie de se disputer avec son cuisinier devant ses invités lui proposa :
- Excellent ! Nous y allons demain matin ensemble à la chasse à la grue, mais malheur à vous si j'ai raison!

Le lendemain matin, à l'aube, Don labali donna l'ordre de seller les chevaux.
- Nous allons voir qui est le menteur ici !
Jacques aurait aimer fuir mais il ne l'avait pas osé.
Quand ils atteignirent le fleuve, le cuisinier avait vu un troupeau de grues. Elles dormaient toutes debout sur ​​une patte, ce que toutes les grues font quand elles se reposent.

- Don Labali ! cria Jacques. Regardez, j'ai bien raison. Les grues n'ont qu'une patte !
- Tu y crois vraiment ?S' Exclama Don Labali, tu vas voir !
Puis il tapa fort dans ses mains. Toutes les grues avaient sorti leur deuxième patte et s'envolèrent. 
- Tu vois ?  s'écria satisfait Don Labali.  Tu vois bien qu'elles ont deux pattes !
La réponse de Jacques fut rapide :
- Mais Monseigneur, si vous aviez hier à la table tapé dans vos mains, la grue aurait certainement déplié aussi sa deuxième patte !

Lorsque Don Labali entendit cette réponse il en riait.
- Oui, mon brave Jacques, tu as raison. C'est ce que j'aurais dû faire !
Il donna une tape bien amicale sur les épaules de Jacques et il ajouta :
- Devant un homme avec un esprit aussi intelligent, je m'incline. Mieux encore, désormais tu n'es plus seulement mon cuisinier, mais je t'offre également mon amitié !