Le Cochon


Hier j’ai vu de mes yeux vu
de mon propre œil quoi
se promener comme rien de rien
un cochon tout nu devant une foule en émoi
une foule en va et vient
Le cochon en cause 
se déplaça avec stupeur
et pas à pas, effrayé
Aussi je le mets en prose
pour conter la sueur
d’un cochon destiné au dîner
 
Le cochon ne savait pas
qu’on lui jetait un sort de le convier
à une marmite lui réservant de main ferme
avec franchement peu de confort
Une cuisson bien à terme
Le cochon n’étant plus cochon
et transformé après quelques manipules
au bon plaisir des palets
en belles tranches de jambon
et d’autres délices multiples
Frôlant les excès des gourmets
Du boudin aux carrés de lard,
des pieds grillés coupés en longueurs
la foie transformé en pâté
 les oreilles épilées avec le nez fardé en farceur
Il y en a pour se prendre pour un cochon
vice-lardé bronzé grilladé
en marmite pour bien se fendre en rire
de goguenarder en suçant une frite
C’est bien compliqué la confusion humaine
des appellations non contrôlées
Ainsi que, carrément confisquées
ne se donnent plus la peine des principes sacrés.