Fasciné de son pupitre
En discours et défense de son titre
Tape avec discrétion
Sur le micro pour faire un son
Caresse le bois bien ciré
Debout comme amarré
En vérité et certitude
Gonflant en amplitude
L’orateur avec large sourire
L’œil sur le texte à lire
Timide et regard en cieux
Les mains en creux
Livre bataille
Malgré sa haute taille
À étaler son savoir
Avec un certain désespoir
Ne sachant pas son texte
Et même pas le contexte
Obligé de lire les écrits
Que son nègre lui a prescrit
Jusqu’au jour viendra son tour
Lors d’un mauvais discours
Parfumé des vilain mots
Des mensonges bien gros
Le nègre se précipite
S’empare du pupitre
Se clamant de tout savoir
Il suffit de le croire
Las de s’exprimer en cachot
Par des mots en flots
Au service de son prochain
Avec l’accent de ses mains
Posant  devant son miroir
À voir, qu’il laisse croire
En son grand talent et sagesse
D’orateur, pour dire la messe
De la vérité et de son autorité
Prônant l’amour de soi-même
Par des « bravos » qu’il aime
Puis la panne de plume, qu’il assume,
avec une semi-pudique
que c'est de la politique.
Manque de passion
Trop d’autosatisfaction
Lire ce qu’on va lui dire
Quand il arrête lui aussi d’écrire