Coq perché


Le coq chante en haut de son perchoir,
Bon, c'était avant, parce que aujourd'hui
Il n'y a plus rien à voir.
Le coq, légèrement endormi,
S'était fait attraper en un tournemain.
On lui coupa le cou sans discussion
Il battait des ailes, mais en vain.
Muet, privé de ce que tous les coqs font :
Chanter tous les matins très tôt,
Réveillant le monde et ses poules
Pour aller pondre,
Avant de terminer en poule au pot.
Le coq ne chanta plus,
On lui arrachait toutes ses plumes
Et aussi ses entrailles,
Pour l'enduire de quelques agrumes,
Parfumer sa chair frottée de paille.
Des morceaux trempés dans le jus de raisin,
Un peu de poivre et de sel, des épices aussi.
En marinade pour faire un coq au vin.

Le perchoir étant devenu vacant.
Il y avait bien quelque poule, pour essayer le chant.
Mais malgré l'effort, il n'y a plus foule.
Poule n'est pas coq fort avec la puissance.
Une voix si haut perchée.
Chantant avec une grande aisance
Réveillant même le clergé.
Jusqu'au jour où le coupeur de cou,
Après avoir bien mangé le coq en morceaux,
Ne sort plus de son lit si doux,
Et allongea le temps de son repos.
Il ramassa les œufs trop tard,
N'avait plus de temps de faire son temps
Et commença à faire du lard.
Regretta le chant, le silence n'avait pas de sens.
Ça ne réveille pas pour faire ce qui est à faire
De ses journées en retard.
Il  se pressait vers son voisin,
Acheta le fils de son coq, grande voix reconnue,
Fils aussi d'une poule très saine,
Aux allures vraiment dodues.
Le coq si jeune prit siège au perchoir
Ne sachant pas encore être sage,
Ce qui n'est à son jeune âge pas rare.
Les poules amoureuses de son jeune âge,
Lui assuraient que la sagesse et la voix
Viendront un beau jour.
Qu'il prenne en toute patience
Le temps d'attendre à chanter ses aubades,
À son heure de gloire, avant de terminer en marinade.
L'histoire se répète sans faille,
Coq, poule, chien ou homme,
Tout se répète dans l'éternité,
Rien ne disperse la vérité en somme.
Nous allons servir en toute liberté,
En nourriture ou en engrais.